Étude des liens entre l’alliance, la conscience réflexive de soi et l’autocompassion chez la personne supervisée en formation initiale en counseling de carrière et en psychothérapie.

Notice bibliographique

Brien, A. (2021). Étude des liens entre l’alliance, la conscience réflexive de soi et l’autocompassion chez la personne supervisée en formation initiale en counseling de carrière et en psychothérapie. Thèse de doctorat en éducation. Université de Sherbrooke.

Résumé

Afin d’apporter une contribution à la recherche et à la pratique de la supervision en counseling de carrière et en psychothérapie, cette thèse poursuivait l’objectif d’étudier les liens entre l’alliance, la conscience réflexive de soi et l’autocompassion chez la personne supervisée en formation initiale. Au total, 74 personnes supervisées provenant de quatre universités canadiennes (au Québec et en Ontario) ont participé à cette étude. Au plan méthodologique, un devis de recherche mixte a été retenu.

La thèse se présente sous la forme de trois articles. Le premier article utilise une méthode de recherche mixte et un devis de recherche séquentielle explicative (Creswell et Plano Clark, 2011). L’article met en relief que l’alliance joue un rôle important pour le développement de la conscience réflexive de soi, mais que dans certains contextes, elle n’est pas suffisante pour l’atteinte de ce but de la supervision. Les résultats soulignent également qu’il est important de soutenir la personne supervisée dans son autorégulation des états internes et dans la régulation interactive pour favoriser le développement de leur conscience réflexive de soi.

Le deuxième article a l’objectif d’étudier la valeur prédictive de la conscience réflexive de soi et de l’autocompassion, mesurée avant le début de la supervision, sur l’alliance de supervision. Cet article étudie également la valeur prédictive de l’alliance sur le développement de la conscience réflexive de soi et l’autocompassion. Des analyses de régressions linéaires multiples indiquent que la conscience réflexive de soi, mesurée avant le début de la supervision, prédit la création de l’alliance. C’est particulièrement la dimension d’engagement dans la réflexion qui explique ce résultat. D’autres régressions linéaires multiples indiquent que l’alliance prédit le changement de score observé à la mesure de l’autocompassion (entre le prétest et le posttest). De plus, il existe une corrélation modérée et positive entre la différence des scores à l’autocompassion et la différence des scores à la mesure de la conscience réflexive de soi. Ces résultats suggèrent que l’alliance de supervision contribue significativement au développement de l’autocompassion de la personne supervisée. De plus, le développement de l’autocompassion semble influencer positivement celui de la conscience réflexive de soi des personnes supervisées.

Le troisième article propose une analyse thématique pour comprendre les liens entre les construits à l’étude. Les résultats indiquent que l’établissement et le maintien d'une alliance optimale offrent des conditions facilitantes pour la création d'un espace de réflexion où la personne supervisée peut explorer et comprendre les tensions entre ses intentions, son expérience subjective et ses comportements professionnels. L’exploration et la compréhension de ces trois pôles de la supervision (intention, expérience subjective et comportements professionnels) favorisent le développement de la conscience réflexive de soi. De plus, les résultats indiquent que l’alliance favorise l’évolution des buts de la supervision alors que les ruptures d’alliance tendent à entraver le développement de la conscience réflexive de soi. Finalement, il apparaît que l’autocompassion aide les personnes supervisées à reconnaître et à réguler les expériences difficiles soulevées en supervision. En aidant à l’autorégulation des états internes et la régulation interactive, l’autocompassion favorise l’engagement dans la conscience réflexive de soi.

Membres du CÉRTA impliqués